Les épreuves subies par la Couronne durant les guerre» civiles ont cependant contribué à satisfaire un désir de compenser la perte d'un pouvoir plus ancien. Aussi les monarques placèrent-ils au-dessus de tout l'idée de la nature divine du pouvoir royal, la grandeur de sa majesté royale ce qui se traduisait notamment par un développement démesuré du Protocole (Règlement). Il était clair que dans des conditions de paix ce Règlement pouvait discipliner la noblesse et devenir un moyen de manipulation.
Les premiers Bourbons ont en somme suivi le chemin tracé par Henri III en continuant à cantonner les Grands aux seconds rôles et les plaçant au plus loin de la vie politique. Il leur fut de ce fait beaucoup plus facile d'agir qu'aux roi des dynasties précédentes puisque les désordres civils avait saigné à blanc la noblesse car nombre de chefs de file avaient péri dans des luttes intestines. Cependant, toute la noblesse n'était pas prête à soutenir la Couronne et à accepter la sévérité du protocole. La polarisation de la noblesse restait un facteur fondamental de la vie politique de la Cour et du pays. La Couronne utilisait fréquemment les luttes des fractions pour renforcer sa position. Les courtisans qui ne retenaient pas particulièrement l'attention royale poussaient les courtisans qui leur étaient supérieurs en rang et à qui ils étaient subordonnés à intriguer et comploter. De ce fait, ils entraient en guerre avec le reste des courtisans fidèles à la Couronne parmi lesquels on comptait beaucoup de noblesse récente. La politique sociale de l'absolutisme était encore trop imparfaite pour assurer une charge à tous les nobles surtout au sein de la Cour. Le pouvoir a cependant réussi à briser la tendance de formation des clientèles des Grands en les couvrant d'honneurs et de largesses matérielles tandis que les mesures prises à rencontre de l'opposition étaient des plus draconiennes. La petite et moyenne noblesse isolée et ruinée préféra la paix avec le pouvoir royal qui voit remonter son origine â la seconde moitié du XVII eme siècle.
L'institution de la Cour a assuré la victoire de la politique de Henri IV (1589–1610) ainsi que celle de Louis ХIII (1610–1643). Les travaux menés pour le perfectionnement de sa structure, l'augmentation du nombre de ses membres ne cessèrent jamais durant les règnes de ces rois bien qu'ils n'eussent pas bénéficiés de grande expérience de la part de leurs prédécesseurs dans le domaine de l'organisation de la Cour. Cependant, la Cour devint un fondement solide du destin de la noblesse, puisque les charges de Courtisans devenaient pour nombres de ses membres le principal bien de la famille et constituait l'héritage. Le cercle de la Cour ou «la société de la Cour» eut sous Louis XIII une tendance à se renfermer sur elle-même, devenant ainsi l'institution socio-politique principale du pays. La Cour dans les années 20–30 se mit à fixer dans des registres particuliers les membres la constituaient en fonction de leur naissance. La Cour au service de la Couronne: tel était le but de Louis XIII et de son Premier ministre Richelieu. C'était à cette fin que la Couronne voyait la cime de sa grandeur.
La position ambivalente de la Cour consistait, d'une part à se poser comme facteur stabilisateur pour la noblesse puisque cela lui permettait d'avoir accès au pouvoir et à la richesse, et d'autre part comme facteur déstabilisateur pour la Couronne dans le sens où une partie des courtisans considérait comme insuffisante leur participation aux affaires de l'État. Les constantes manifestations du mécontentement de la noblesse sous le règne de Louis XIII et de son ministre le Cardinal de Richelieu (1624–1642) étaient proches par les raisons, les buts, le caractère, moyens de luttes et disposition de force, des exemples du moyen-âge lorsque les féodaux luttaient avec le pouvoir royal pour le «bien commun» et avait aussi des traits caractéristiques de l'époque moderne. Des révoltes armées semblables à celles du moyen- âge, dont le but était la constitution d'un pouvoir plus juste s'organisaient dans les provinces et, le seul tenu responsable de la tyrannie n'était autre que Richelieu. Au sein de la Cour, une lutte d'une ampleur encore jamais vue fut menée par la fraction de la noblesse pour le pouvoir et le droit d'être proche du roi, principale source de celui-ci. L'échec de celle-ci donna lieu à une autre forme d'opposition tout aussi étonnante pour l'époque: l'émigration massive de la noblesse, ce qui deviendra un élément caractéristique de l'histoire de l'absolutisme français.
Malgré la nette victoire de l'absolutisme dans la période que l'on étudie, les courtisans et plus largement la noblesse séparatiste n'avait pas encore perdu toutes ses forces comme le montrera plus tard la Fronde. La lutte de la Couronne pour la Cour continuait.
Библиография
Документы о структуре и церемониале двора