Читаем Том 6. Художественная проза полностью

MARIA SCHONING ET ANNA HARLIN JUGEES EN 1787 A NURENBERG

Maria Schoning, fille d'un ouvrier de Nurenberg, perdit son p`ere `a 17 ans. Elle le soignait seule, la pauvret'e l'ayant forc'ee de renvoyer leur unique servante Anna Harlin.

En revenant de l'enterrement de son p`ere elle trouva deux officiers du revenu public qui lui demand`erent `a visiter les papiers du d'efunt pour s'assurer s'il avait pay'e les taxes en proportion de sa propri'et'e. Ils trouv`erent apr`es l'examen que le vieux Schoning n'avait pas 'et'e impos'e en proportion de ses moyens, ils mirent les scell'es. La jeune fille se retira dans une chambre sans meubles jusqu'`a ce que les directeurs du tr'esor public eussent d'ecid'e sur cette affaire.

Les officiers du fisc revinrent apporter la d'ecision de leurs chefs munis d'un orde qui enjoignait Maria El'eonora Schoning de quitter la maison, confisqu'ee au profit du tr'esor.

Schoning 'etait pauvre, mais 'econome. Une maladie de trois ans 'epuisa tout ce qu'il avait amass'e. Maria alla chez les commissaires. Elle pleura, et le bureau fut inflexible.

La nuit elle alla au cimeti`ere de St. Jacques… elle en sortit le matin, mourant de faim, elle se retrouva au cimeti`ere…

La police de Nurenberg assigne une demi-couronne aux gardes de nuit pour chaque femme arr^et'ee la nuit apr`es dix heures. Maria Schoning fut conduite au corps de garde. Le lendemain elle fut emmen'ee devant le magistrat qui la renvoya en la menacant de l'envoyer dans la maison de correction en cas de r'ecidive.

Maria voulait se jeter dans la Pegnitz… on l'appela. Elle vit Anna Harlin l'ancienne servante de son p`ere qui avait 'epous'e un invalide. Anna la consola: la vie est courte, lui dit-elle, et le ciel pour toujours, mon enfant.

Maria fut recueillie chez les Harlins pendant une ann'ee. Elle y mena une vie assez mis'erable. Au bout de ce temps Anna tomba malade. L'hiver vint, l'ouvrage manqua; le prix des denr'ees s'accrut. Les meubles furent vendus pi`ece `a pi`ece, except'e le grabat de l'invalide qui mourut au printemps.

Un pauvre medecin traitait gratis le mari et la femme. Il apportait quelquefois une bouteille de vin, mais il n'avait pas d'argent. Anna se r'etablit; mais elle devint apathique: le travail manqua tout `a fait.

Au commencement de mars, un soir, Maria sortit tout `a coup…

Elle fut arr^et'ee par la patrouille du guet. Le caporal la placa au milieu des soldats, et lui dit que le lendemain elle serait fouett'ee. Maria s''ecria qu'elle 'etait coupable d'un enfanticide…

Amen'ee devant le juge, elle d'eclara avoir 'et'e accouch'ee d'un enfant par la femme Harlin et que celle-ci l'avait enterr'e dans un bois no sait plus o`u. Anna Harlin fut tout de suite arr^et'ee, et sur sa d'en'egation, confront'ee avec Maria, elle nia tout.

On apporta les instruments de tortures. Maria s''epouvanta, elle saisit les mains li'ees de sa pr'etendue complice et lui dit: Anne, fais l'aveu qu on te demande. Ma bonne Anne, tout sera fini pour nous et Frank et Nany seront mis dans la maison des orphelins.

Anne la comprit, l'embrassa, et dit que l'enfant fut jet'e dans la Pegnitz.

Le proc`es fut rapidement instruit. Elles furent condamn'ees `a mort. Le matin du jour fix'e, elles furent amen'ees `a l''eglise, o`u elles se pr'epar`erent `a la mort par la pri`ere. Sur la charrette Anna fut ferme. Maria fut agit'ee. Harlin monta sur l''echafaud et lui dit: Encore un instant, et nous serons l`a (au ciel). Courage, une minute, et nous serons devant Dieu.

Maria s''ecria: Elle est innocente, je suis un faux t'emoin… Elle se jeta aux pieds du pr^etre… elle dit tout. L'ex'ecuteur, 'etonn'e, s'arr^ete. Le peuple pousse des cris… Anna Harlin interrog'ee par le pr^etre et la bourreau dit avec r'epugnance (simplicit'e): Assur'ement, elle a dit la v'erit'e. Je suis coupable pour avoir menti et manqu'e de foi en la Providence.

Un rapport est envoy'e aux magistrats. Le messager revient dans une heure avec l'orde de proc'eder `a l'ex'ecution. L'ex'ecuteur s''evanouit apr`es avoir d'ecapit'e Anna Harlin. — Maria 'etait d'ej`a morte.

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