En outre les nobles et les officiers profitèrent de l'assemblée pour présenter au roi leurs requêtes et articles. Les nobles répétèrent les doIéances de leur chambre aux Etats-Généraux de 1614–1615; les parlements protestèrent violemment contre les intendants de justice en réclamant leur renvoi.
L'assemblée n'a donc profité ni au pays, ni au gouvernement. Le projet financier tomba par le fait des officiers, mécontents à cause des intendants et de plusieurs emprunts forcés. Aux projets touchant la marine et le commerce ils ont donné un appui tout formel, laissant le gouvernement à ses propres ressources. Les trois états tâchaient, chacun à sa manière, de tirer le pays en arrière. Les prélats n'approuvaient pas le gallicanisme, c'est-à-dire l'église nationale. Les nobles d'épée réclamaient obstinément la première place pour leur état sans comprendre que cette perspective était déjà fermée. La noblesse de robe, la plus riche et la plus influente de tous, devenait réactionnaire elle aussi. L'assemblée des notables fut pour les parlements le commencement de leur opposition à la politique centralisatrice de l'absolutisme. Tout en ayant des liens de classe indissolubles avec le gouvernement, ces ordres privilégiés accentuaient de plus en plus leurs intérêts de caste, réactionnaires pour la plupart, et qui entravaient le progrès économique et social du pays.
Les moyens employés par Richelieu dans ces conditions défavorables démontrent les possibilités très restreintes de l'absolutisme. Le pouvoir central avait à surmonter des obstacles sérieux: privilèges onéreux des ordres formant la classe dominante, pénurie d'argent, séparatisme des provinces du Sud-Ouest, faiblesse à l'échelle internationale, danger de guerre extérieure etc.
Pour le siège de La Rochelle et les campagnes d'Italie, Richelieu a dû recourir à des emprunts de plus en plut massifs. Les financiers ont prêté au gouvernement plus de 18 millions par an — presque 40 % des revenus totaux de l'Etat. L'augmentation des impôts en fut la suite inévitable et les soulèvements populaires éclatèrent. L'essor politique de l'absolutisme était payé bien chèrement par le peuple.
L'adhésion des notables aux projets touchant la marine et le commerce a joué tout de même un rôle positif. La marine fut créée; les compagnies de commerce, bien que relativement faibles, aidèrent la colonisation et le commerce océanique en augmentant la production des manufactures et en élargissant les marchés étrangers.