Читаем Charles Perrault. Riquet a la Houppe. Книга для чтения на французском языке полностью

Elle alla par hasard se promener dans le meme bois ou elle avait trouve Riquet a la Houppe, pour rever plus commodement a ce qu’elle avait a faire. Dans le temps qu’elle se promenait, revant profondement, elle entendit un bruit sourd sous ses pieds, comme de plusieurs personnes qui vont et viennent et qui agissent. Ayant prete l’oreille plus attentivement, elle ouit que l’un disait : « Apporte-moi cette marmite ; » l’autre : « Donne-moi cette chaudiere ; » l’autre : « Mets du bois dans ce feu. » La terre s’ouvrit dans le meme temps, et elle vit sous ses pieds comme une grande cuisine pleine de cuisiniers, de marmitons, et de toutes sortes d’officiers necessaires pour faire un festin magnifique. Il en sortit une bande de vingt ou trente rotisseurs, qui allerent se camper dans une allee du bois, autour d’une table fort longue, et qui tous, la lardoire a la main et la queue de renard sur l’oreille, se mirent a travailler en cadence, au son d’une chanson harmonieuse.

La princesse, etonnee de ce spectacle, leur demanda pour qui ils travaillaient. « C’est, madame, lui repondit le plus apparent de la bande, pour le prince Riquet a la Houppe, dont les noces se feront demain. » La princesse, encore plus surprise qu’elle ne l’avait ete, et se ressouvenant tout a coup qu’il y avait un an qu’a pareil jour elle avait promis d’epouser le prince Riquet a la Houppe, pensa tomber de son haut. Ce qui faisait qu’elle ne s’en souvenait pas, c’est que, quand elle fit cette promesse, elle etait bete, et qu’en prenant le nouvel esprit que le prince lui avait donne elle avait oublie toutes ses sottises.

Elle n’eut pas fait trente pas en continuant sa promenade, que Riquet a la Houppe se presenta a elle, brave, magnifique, et comme un prince qui va se marier. « Vous me voyez, dit-il, madame, exact a tenir ma parole, et je ne doute point que vous ne veniez ici pour executer la votre. – Je vous avouerai franchement, repondit la princesse, que je n’ai pas encore pris ma resolution la-dessus, et que je ne crois pas pouvoir jamais la prendre telle que vous la souhaitez. – Vous m’etonnez, madame, lui dit Riquet a la Houppe. – Je le crois, dit la princesse, et assurement si j’avais affaire a un brutal, a un homme sans esprit, je me trouverais bien embarrassee. Une princesse n’a que sa parole, me dirait-il, et il faut que vous m’epousiez, puisque vous me l’avez promis ; mais comme celui a qui je parle est l’homme du monde qui a le plus d’esprit, je suis sure qu’il entendra raison. Vous savez que, quand je n’etais qu’une bete, je ne pouvais neanmoins me resoudre a vous epouser ; comment voulez-vous qu’ayant l’esprit que vous m’avez donne, qui me rend encore plus difficile en gens que je n’etais, je prenne aujourd’hui une resolution que je n’ai pu prendre dans ce temps-la ? Si vous pensiez tout de bon a m’epouser, vous avez eu grand tort de m’oter ma betise et de me faire voir plus clair que je ne voyais. – Si un homme sans esprit, repondit Riquet a la Houppe, serait bien recu, comme vous venez de le dire, a vous reprocher votre manque de parole, pourquoi voulez-vous, madame, que je n’en use pas de meme dans une chose ou il y va de tout le bonheur de ma vie ? Est-il raisonnable que les personnes qui ont de l’esprit soient d’une pire condition que ceux qui n’en ont pas ? Le pouvez-vous pretendre, vous qui en avez tant, et qui avez tant souhaite d’en avoir ? Mais venons au fait, s’il vous plait. A la reserve de ma laideur, y a-t-il quelque chose en moi qui vous deplaise ? Etes-vous malcontente de ma naissance, de mon esprit, de mon humeur et de mes manieres ? – Nullement, repondit la princesse ; j’aime en vous tout ce que vous venez de me dire. – Si cela est ainsi, reprit Riquet a la Houppe, je vais etre heureux, puisque vous pouvez me rendre le plus aimable des hommes. – Comment cela se peut-il faire ? lui dit la princesse. – Cela se fera, repondit Riquet a la Houppe, si vous m’aimez assez pour souhaiter que cela soit ; et afin, madame, que vous n’en doutiez pas, sachez que la meme fee qui, au jour de ma naissance, me fit le don de pouvoir rendre spirituelle la personne qui me plairait, vous a aussi fait le don de pouvoir rendre beau celui que vous aimerez, et a qui vous voudrez bien faire cette faveur. – Si la chose est ainsi, dit la princesse, je souhaite de tout mon coeur que vous deveniez le prince du monde le plus aimable, et je vous en fais le don autant qu’il est en moi. »



6. Lisez le passage suivant et faites le devoir ! Croyez-vous en transformation de Riquet a la Houppe par les charmes de la fee ou c’est l’amour seul de la princesse a produit une telle metamorphose ?

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