Читаем ПСС. Том 64. Письма, 1887-1889 полностью

La raison est que les véritables ouvriers des sciences et des arts ne s’arrogent aucuns droits; ils donnent les produits de leur travail; ces produits sont utiles, et ils n’ont aucun besoin de droits et de preuves à leurs droits. Mais la grande majorité de ceux qui se disent savants et artistes savent fort bien que ce qu’ils produisent ne vaut pas ce qu’ils consomment, et ce n’est qu’à cause de cela qu’ils se donnent tant de peines, comme les prêtres de tous les temps, de prouver que leur activité est indispensable au bien de l’humanité.

La science véritable et l’art véritable ont toujours existé et existeront toujours comme tous les autres modes de l’activité humaine, et il est impossible et inutile de les contester ou de les prouver.

Le faux rôle que jouent dans notre société les sciences et les arts provient de ce que les gens soi-disant civilisés, ayant à leur tête les savants et les artistes, sont une caste privilégiée comme les prêtres. Et cette caste a tous les défauts de toutes les castes. Elle a le défaut de dégrader et de rabaisser le principe en vertu duquel elle s’organise. Au lieu d’une vraie religion — une fausse. Au lieu d’une vraie science — une fausse. De même pour l’art. Elle a le défaut de peser sur les masses, et, pardessus cela, de les priver de ce qu’on prétend propager. Et le plus grand défaut, celui de la contradiction constante du principe qu’ils professent avec leur manière d’agir.

En exceptant ceux qui soutiennent le principe inepte de la science pour la science et de l’art pour l’art, les partisans de la civilisation sont obligés d’affirmer que la science et l’art sont un grand bien pour l’humanité.

En quoi consiste ce bien? Quels sont les signes par lesquels on puisse distinguer le bien du mal? Les partisans de la science et de l’art ont gardé de répondre à ces questions. Ils prétendent même que la définition du bien et du beau est impossible. «Le bien en général, disent-ils, le bien, le beau, ne peut être défini».

Mais ils mentent. De tout temps, l’humanité n’a pas fait autre chose dans son progrès que de définir le bien et le beau. Le bien est défini depuis des sciècles. Mais cette définition ne leur convient pas; elle démasque la futilité, si ce n’est les effets nuisibles, contraires au bien et au beau, de ce qu’ils appellent leurs sciences et leurs arts. Le bien et le beau est défini depuis des siècles. Les Brahmanes, les sages des Bouddhistes, les sages des Chinois, des Hébreux, des Egyptiens, les stoïciens grecs l’ont défini, et l’evangile l’a défini de la manière la plus précise. Tout ce qui réunit les hommes est le bien et le beau, — tout ce qui les sépare est le mal et le laid. Tout le monde connaît cette formule. Elle est écrite dans notre coeur.

Le bien et le beau pour l’humanité est ce qui unit les hommes. Eh bien, si les partisans des sciences et des arts avaient en effet pour motif le bien de l’humanité, ils n’auraient pas ignoré le bien de l’homme, et, ne l’ignorant pas, ils n’auraient cultivé que les sciences et les arts qui mènent à ce but. Il n’y aurait pas de sciences juridiques, de science militaire, de science d’économie politique, ni de finances, qui n’ont d’autre but que le bien-être de certaines nations au détriment des autres. Si le bien avait été, en effet, le critérium de la science et des arts, jamais les recherches des sciences positives, complètement futiles par rapport au véritable bien de l’humanité, n’auraient acquis l’importance qu’elles ont, ni surtout les produits de nos arts, bons pour tout au plus à désennuyer les oisifs.

La sagesse humaine ne consiste point dans le savoir des choses. Et il y a une infinité de choses qu’on peut savoir. Et connaître le plus de choses possible ne constitue pas la sagesse. La sagesse humaine consiste à connaître l’ordre des choses qu’il est bon de savoir consiste à savoir ranger ses connaissances d’après leur importance.

Or, de toutes les sciences que l’homme peut et doit savoir, la principale, c’est la science de vivre de manière à faire le moins de mal et le plus de bien possible, et de tous les arts, celui de savoir éviter le mal et produire le bien avec le moins d’efforts possible. Et voilà qu’il se trouve que parmi tous les arts et les sciences qui prétendent servir au bien de l’humanité — la première des sciences et le premier des arts par leur importance non seulement n’existent pas, mais sont exclus de la liste des sciences et des arts.

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