Читаем San-Antonio met le paquet полностью

Il est épouvanté. Faut le comprendre, cet homme ! C’est dimanche et y a un canard à l’orange qui mijote dans le four de sa cuisinière. Il se voit déjà partant dans la nuit brune pour d’intrépides aventures. Sa bedaine en est meurtrie par l’appréhension. Y a de la navrance dans sa besace ; de la panique dans ses glandes salivaires ; du branle-bas de combat dans ses muqueuses et du sauve-qui-peut dans ses croquantes. Il imagine le brave Barbarie sur un plat d’argent, fumant comme la loco du Transsibérien ; doré, odorant, craquant, juteux, nappé, suggestif… Et il pense que sa family va se lancer à l’abordage du volatile, lui régler son compte sans lui. Quand il rentrerait, y aurait plus que le gésier, tout racorni, et p’t-être le cou à la grande rigueur.

— Vous pouvez m’aider en me donnant l’historique de cette maison, maître Barbapoil.

— Autour ! Barbautour…

— Excusez encore, je n’ai pas la mémoire de certains noms. Les noms des propriétaires antérieurs sont certainement mentionnés dans l’acte de vente ? D’autant que la construction m’a paru assez neuve.

— Elle l’est ! Venez dans mon bureau.

Mine de rien, le gros gaffe sa montre. À l’infrarouge qu’il cuit, le caneton. Je le parierais ! Et quand il sera à point y aura le dring-servez-chaud de la sonnerie. De nos jours, les cuisines ressemblent à des labos pour recherches nucléaires.

Il me guide dans la pièce voisine. Empire itou. Un peu rigoureux comme style quand y en a trop. Il a racheté la Malmaison, Poilaudo, faut croire… Les Domaines lui ont fait un lot, je vous jure !

Le voilà qui farfouille dans des classeurs (qui exceptionnellement ne sont pas Empire) et ramène un volumineux dossier sur lequel un manieur de ronde a torché « Concours Lutèce-Midi » en caractères gros commak agrémentés de petits poils follets dans les majuscules.

Il l’ouvre en geignant. Ses moindres mouvements le font grincer comme le mât d’un rafiot par gros vent. Il feuillette les fafs timbrés, renifle et ses francforts stoppent sur un acte notarié.

— Moilà, moilà ! dit l’obèse.

Il lit à mi-voix, ce qui ne fait pas mon butter, mais je suis un mec poli et je sais attendre. Enfin il relève la trombine et, comme dirait Saint-Saëns, me fait un signe.

— Une bonne nouvelle ! annonce-t-il.

— Ah ! oui ?

— Il n’y a eu qu’un propriétaire. Attendez que je vous explique : cette maison a été construite en 52 par une veuve Planqueblé, qui y a habité deux ans avec sa fille unique.

« Ensuite elle s’est mariée avec un sieur Aquoix Serge. Elle est décédée huit mois plus tard et c’est sa fille qui a hérité de la maisonnette…

Je suis ses embrouilles avec un certain agacement, j’aurais préféré ligoter ça moi-même because rien ne vaut la rigueur d’un bon texte. L’autre super-phoque pousse son glapissement d’otarie. Nouveau regard à sa breloque dont la grande aiguille pique une pointe de vitesse. Il se dit que c’est la terrible course au finish entre le canard et moi, c’est-à-dire entre le canard et le poulet. Il faut qu’il y aille de son rush pour me liquider avant la tortore !

— C’est donc à cette demoiselle Planqueblé que nous avons acheté la maisonnette.

— Son adresse ?

— Rue Ballu, numéro 120, Paris 9e.

J’inscris cette documentation sur un calepin.

— Merci, maître… Vous avez donc vu la jeune fille au moment de la vente ?

— Bien entendu. C’est une malheureuse infirme de vingt-six ans, qui vit avec son beau-père…

— Avec son beau-père !

— Dame, elle était adulte lorsqu’il a épousé sa mère et vous m’avez dit que la dame Planqueblé avait briffé son bulletin de consigne huit mois plus tard…

— Son quoi ? bave l’adipeux.

— Je voulais dire qu’elle est morte ! Excusez mon langage, maître Barbaumenton, mais dans la police nous ne fréquentons pas que des hommes aussi éminents que vous, et notre vocabulaire s’en ressent.

Il sourit.

— Très drôle…

— De quel genre d’infirmité souffre-t-elle, cette enfant ?

— Paralysie des jambes. Elle se déplace dans un fauteuil roulant.

— Et ce beau-père, qui n’a été somme toute son beau-père que pendant huit mois, l’a prise en charge, cette pauvre môme à roulettes ?

— Vous voyez, on trouve de grands cœurs.

— À quoi ressemble-t-il, cet édifiant personnage ?

— Quand vous le verrez, vous comprendrez qu’il ait agi ainsi. C’est un homme plutôt sombre, en mauvaise santé. Il est resté dans l’atmosphère qu’il avait choisie, comprenez-vous ? Il doit aimer ses habitudes…

— Je vois.

Et par-dessus le marka, je vois Poilaudo qui use son verre de montre à force de le contempler. Le canard est prêt, il est temps que je les mette.

— Pas un mot de tout ceci à âme qui vive, monsieur Barbauchose…

— Tour ! Comptez sur moi ! Vous pensez…

Il m’escorte jusqu’à la porte palière, me propose cinq doigts dont un pouce en parfait état ; je presse les quatre doigts et je lui souhaite une bonne noye sans cauchemars…

Ma Félicie s’est assoupie dans la tire. Avant de grimper en carrosse, je la regarde dormir, avec attendrissement.

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