Читаем Властитель мой и господин полностью

Un jour Tina mes vers qui seront ta couronneEt qui me survivront d’être par toi portésOn les comprendra mieux dans leur diversitéPar ce reflet de toi que tes cheveux leur donnentUn jour Tina mes vers en raison de tes yeuxDe tes yeux pénétrants et doux qui surent voirDemain comme personne aux derniers feux du soirUn jour Tina mes vers on les comprendra mieux

* * *

Le soir tombait, je suis passé devant chez toi.De nouveau j’ai jeté un oeil à la fenêtre,De nouveau j’ai pensé que je verrais peut-êtreL’émeraude en tes yeux, le saphir à ton doigt.Me voyant j’ai songé tu te dirais, Ma foi,Ce qui devait être sera, voici mon maîtreEt mon vainqueur qui m’attend là, moins de dix mètresEn contrebas. Tu dirais Monte, embrasse-moi.À la fenêtre est apparu un jeune couple– Sourires complices, yeux doux et langues souples —,Que j’ai vu se pencher par-dessus le rebord– J’ai pensé: qui sont-ils? mais j’allais le comprendre —Pour ôter le panneau sur quoi j’ai lu alors,En lettres blanches sur fond bleu, les mots: à vendre.

* * *

L’arche de la colombe

Mauditesoit l’arrière-grand-mèrede l’épouse du pèrede celui qui fit l’encoche dans l’écorce du troncde l’hévéa géant d’où commença l’extraction dulatex qui devait donner le caoutchoucà partir duquel furent produites les rouesde la bétonnière grâce à quoi l’on put fairele ciment du trottoir de la ruedans laquelle ton pèrea rencontré ta mère

* * *

Ce soir avant minuit avec dans une poche

Une lettre timbrée et ton nom là-dessus

Une enveloppe blanche // // // //

J’irai jusqu’à la boîte aux lettres la plus proche

Où glisseront ces vers que tu auras reçus

Y glisser les quatrains de notre amour déçu


Puis ayant remonté la rue et l’avenue

Je rentrerai chez moi ferai couler un bain

Regardant ta photo (la seule où tu es nue)

Je songerai sans doute

Peut-être penserai-je à tes larmes demain


Et prenant tour à tour mesure de ta peine

Mon courage à deux mains et enfin mon rasoir

Je fermerai les yeux sur la nuit incertaine

Quand l’eau troublée de rouge emporte l’âme au noir

* * *

Quand ses cheveux seront de cendresPlus tard encor cendres son corpsJe l’aimerai

Источники иллюстраций

1. Extrait des épreuves des Fleurs du mal corrigées par Charles Baudelaire, 1857, Bibliothèque nationale de France, Paris / photo de l’auteur;

2, 3 et 4. Photos de l’auteur;

5. Paul Dornac, Paul Verlaine au café François Ier, 1892. Musée Carnavalet, Histoire de Paris / Photo ccø Paris Musées / Musée Carnavalet.

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