Читаем Avé, Christ полностью

Après avoir acquis l'humble nid où Basil était resté si peu de temps, tous les jours, il y passait quelques heures après avoir accompli les tâches habituelles, presque toujours en compagnie de Blandine qui n'oubliait pas les chers absents.

Applaudie par son père qui se distrayait de voir son habileté, les mains infantiles minuscules et fragiles faisaient vibrer l'instrument cherchant à imiter l'amie qui était partie vers un destin incertain. Plus sa mère lui interdisait de telles promenades, plus elle s'efforçait de tromper la surveillance des employés afin de retrouver son père dans leurs réflexions isolées.

L'amitié pour le philosophe et pour l'enseignante exilée était chaque fois plus intense et plus vive dans son imagination d'enfant.

Très souvent, elle demandait à son père si Livia avait été enlevée par Pluton et parfois, elle affirmait fermant les yeux que le grand père Basil se trouvait souriant à ses côtés à l'embrasser.

Une certaine nuit où Tatien s'était attardé dans la hutte plus longtemps qu'à l'ordinaire, Blandine à la porte contemplait le firmament constellé, quand d'un seul coup, elle a poussé une exclamation de joie, s'écriant étonnée :

Grand père ! Grand père Basil, papa ! Vois ! Il arrive!...

Elle a fait un geste comme si elle étreignait quelqu'un de très cher et a ajouté, enthousiaste :

Papa, grand père est à tes côtés ! À tes côtés !...

Tatien ne voyait rien, mais l'expression de bonheur de sa fille résonnait au fond de son

cœur.

Il s'est souvenu des anciennes histoires où les morts revenaient vivre avec les vivants, pris d'émotion pour les paroles de sa fillette, il admit que l'ombre de leur ami planait réellement dans l'air.

Et comme s'il pouvait sentir son haleine chaude sur son visage, il eut l'impression que le cher compagnon était là invisible.

Les yeux brillants animés par la flamme de sentiments latents, il a demandé à sa petite interlocutrice :

Blandine, si tu vois vraiment grand père pourquoi ne nous dit-il pas quand nous retrouverons Livia ?

La petite a obéi et avec le plus grand naturel, elle s'est adressée à l'ancien ressuscité et le questionna :

Grand père, vous n'avez pas entendu la question de papa ?

Quelques secondes d'attente se sont écoulées dans l'étroite enceinte.

Qu'est-ce qu'il a répondu, ma fille ?

Blandine a posé son regard tendre et confiant dans celui de son père et lui a dit :

Grand père a répondu que nous serons tous ensemble quand nous écouterons l'Hymne aux Étoiles une nouvelle fois...

Tatien a ressenti une angoisse indéfinissable envahir sa voix et son cœur. Muet, il prit la main droite de la petite pour retourner à la maison où seul dans son cabinet particulier il s'est plongé dans des pensées obsédantes et affligeantes...

La vie à Lyon a continué dans l'attente, routinière, monotone...

Au printemps de l'année 256, néanmoins, la Villa Veturius était décorée pour le mariage de Galba et de Lucile avec toute la majesté caractéristique aux familles aisées de l'époque.

Le fiancé prématurément vieilli et sa jeune compagne belle et futile semblaient rayonner d'optimisme, heureux.

Remerciant son gendre de sa visite à Rome, bien qu'infirme et fatigué, Opilius accompagnait son fils à la cérémonie du mariage.

Son retour après tant d'années avait suscité un grand intérêt dans la capitale de la Gaule lugdunienne. Le somptueux palais rural s'était à nouveau converti en un centre important d'intrigues politiques pendant des nuits fulgurantes et joyeuses.

En hommage au mariage de sa première petite-fille, de plus en plus prospère en affaires, le vieillard avait fait de nombreux dons aux pauvres. Des fêtes somptueuses furent organisées pendant plusieurs jours dont la très remarquable naumachie réalisée avec une excessive splendeur dans les jardins de l'exploitation agricole.

Alors que son vieux beau-père redoublait de gentillesses pour se rendre aimable aux yeux de son gendre, à l'inverse d'Hélène imperturbable et heureuse de la réalisation du rêve qui tourmentait son ambition maternelle, Tatien ne savait comment cacher l'inquiétude et la tristesse qui lui torturait l'esprit.

C'est que Blandine maigrissait sans raison justifiée.

Prise d'une incompréhensible mélancolie, la fillette passait parfois des heures et des heures dans sa chambre à penser et penser...

Rien n'y faisait, ni les conseils, ni les avis médicaux. Pâle, apathique, elle donnait l'impression de vivre mentalement à une distance très lointaine.

Elle comparut aux solennités des fiançailles au bras de son père malgré la désapprobation d'Hélène qui, devant son petit visage osseux et pâle, n'avait pas le courage de la forcer à se soumettre à ses décisions.

Percevant sa faiblesse et peut-être pour être agréable à ses enfants, dès que les fiancés se furent absentés se rendant directement à la capitale de l'Empire, le grand-père Veturius proposa un changement temporaire de la famille pour Baies22 dans le golfe merveilleux de Néapolis où il avait une confortable résidence estivale.

(22 ) Aujourd'hui, Baie (Note de l'auteur spirituel).

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