Читаем Du brut pour les brutes полностью

Il y a un bruit sinistre : celui d’une caravelle se brisant sur des récifs. La porte vole en éclats. Entraîné par son rush, mon bulldozer poursuit sa trajectoire dans l’appartement. Il traverse une entrée, renverse un porte-parapluies, pulvérise une console, une potiche chinoise et un vase d’albâtre avant l’emplâtrer une glace à trumeaux. La glace fait des petits. Le Gros, assommé comme un bœuf, glisse lentement le long du mur et son gros dargif s’abat sur les débris de la glace. L’un d’eux, un perfide, lui rentre dans le fignedé. Mon Béru émet un ululement qui évoque étrangement celui d’une corne de brume. Il se tourne sur le flanc et, en bonne âme, le révérend Pinuche lui extrait l’éclat du miroir. Pendant ce temps, votre valeureux San-Antonio, l’homme qui n’a pas peur des mouches (mais seulement des moustiques), investit l’appartement ; le pétard à la main, comme il se doit lorsqu’on va en visite.

J’entends une cavalcade dans les communs.

Je hurle à mes boy-scouts de redescendre dans la street et de contourner la casbah afin de couper la retraite aux fuyards.

Une porte claque. Je m’y rue, mais ces peaux d’hareng ont eu le temps de donner un tour de clé. Je joue les Béru. Une, deux, trois et rrran ! Les gonds cèdent à mes instances. La manche de mon costard aussi.

Voyez, tailleur ! Dans notre job, ce qui nous tue, ce sont les frais généraux…

La porte donne sur un escalier de service. Je prends celui-ci au mien et je dévale les marches de bois.

J’atterris dans une impasse au moment où un grand type se coule au volant d’une DeSoto. La bonniche court pour monter dans la calèche, mais son compagnon a le feu au valseur.

Pour lui, une seule chose compte, se tirer de là. Une centaine de mètres me séparent de l’auto et déjà le moteur d’icelle tourne.

Je voudrais bien défourailler dans les pneus, seulement la môme Annette s’intercale entre la bagnole et mégnace.

Si j’envoie le potage, elle risque de morfler.

— Couchez-vous ! hurlé-je…

L’auto démarre. L’autre truffe glapit que c’en est une bénédiction. Elle se sent molle des cannes en constatant que son coéquipier ne l’attend pas. Elle continue de courir sans tenir compte de mes injonctions. C’est trop bête. Je ne vais tout de même pas laisser filer ce julot au moment où il est à la portée de mes prunes.

Alors je m’arrête, je lève mon arme en visant à droite de la gosse. Et je distribue la bonne marchandise à tout va.

Manque de pot, Annette fait une embardée sur la droite au moment où je téléphone la purée. Je vois tout, comme dans un ralenti cinématographique… Elle s’est tordu le pied, c’est ce qui lui a fait décrire cette fâcheuse embardée. Elle culbute et s’abat sur les pavetons inégaux de l’impasse.

J’ai le champ dégagé pour canarder la DeSoto, mais hélas, ma quincaillerie est vide. Epuisement des stocks, les gars ! De quoi piquer une crise. La guinde déboule de l’impasse et fonce à tombeau ouvert dans le boulevard.

Si au moins mes Laurel et Hardy de la Rousse avaient la bonne idée de se trouver là et de prendre le relais. Je tends l’oreille, espérant ouïr une salve. Zéro. Je l’ai dans le dossard.

Alors je m’approche de la fille qui gît en travers de l’impasse. Ses doigts aux ongles carminés raclent le sol. Je réprime une grimace. Elle a intercepté toutes mes valdas, la pauvrette. Je vise juste. Les six balles sont groupées dans sa poitrine. C’est gênant pour faire les pieds au mur.

Elle a les yeux révulsés, une plainte imperceptible fuse de ses narines pincées. Je comprends qu’elle ne supportera pas le transport à l’hosto. Si je veux l’interviewer, faut faire vite.

— Annette, vous m’entendez, mon petit ?

Elle ne bronche pas… Son souffle est de plus en plus saccadé. De toute part, des fenêtres s’ouvrent. Des nanas et des julots poussent des cris d’orfèvre à la vue de cette petite frangine allongée dans une flaque de raisin…

— On va vous emmener à l’hôpital. On vous soignera, lui promets-je, mais par pitié répondez-moi. Où sont les documents ?

M’a-t-elle seulement entendu ? On ne le dirait pas. Elle s’affaiblit rapidement. Je vois la vie s’en aller d’elle comme l’eau s’enfuit d’un panier.

Et puis j’ai l’impression qu’elle remue les lèvres. Je me jette à plat bide près d’elle pour essayer d’esgourder.

Je crois distinguer « Epinay ».

Je n’en suis pas certain. J’implore :

— Je vous en supplie, Annette, répétez… Dites-moi. Il faut que je sache. On va vous soigner.

M’est avis que je perds un peu les pédales tant mon angoisse est grande. Y a un drôle de suspense, les potes. Hitchcock peut y venir ! J’écoute avec tout mon individu. J’oublie la rumeur de Paris qui gronde alentour ; je chasse de ma tête les cris des gens, leurs piétinements sur les pavés…

— Parlez, Annette !

Je suis prêt à lui promettre n’importe quoi même la vie, en sachant bien que personne ne pourrait la lui donner.

Je suis presque certain d’avoir compris « Epinay ». Mais c’est vague, il m’en faut davantage. Je VEUX savoir !

Elle articule encore :

— Partir avec vous chez maman.

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