Читаем San-Antonio met le paquet полностью

Le drame, surtout, c’est ces vingt balles qu’on vous octroie uniquement parce que votre intestin ou votre vessie a bien fonctionné. La prime à la diurétique et à la déconstipation ! Comme si vous y étiez pour quelque chose, vous, derrière votre petite table, supportant la sous-tasse-sébile ! Vous êtes là à attendre le prince charmant, et c’est un gros zig qui radine, triomphant, en se reboutonnant. Il vous aperçoit et réagit en cherchant de la mornifle. Ou alors il rouscaille parce qu’il n’y avait pas de faf à train dans son compartiment de fumeur !

Unique distraction, lot de consolation : le téléphone.

« Un jeton, mademoiselle ! »

Et en réalité c’est miss Pipi qui le prend, le jeton. Jeton sonore… « Allô ! c’est toi, chérie ? Je suis en plein conseil d’administration, ça s’éternise, le président veut qu’on vote une motion au sujet de l’amendement du capital indexé sur le carré de l’hypoténuse et les Charbonnages de France, alors y en aura pour jusqu’à quatre heures, du train où ça va ! »

Ou bien :

« C’est toi, mon amour ? Ton mari n’est pas rentré de voyage ? Bon, j’arrive. Tu verras comme ça va être bon, nous deux. Tu te rappelles, dis, chérie, la dernière fois ? Tu sais, quand on a dégringolé sur la descente de lit et que… »

Et miss Goguenots rêvasse, gamberge, imagine, tout en découpant en huit le journal d’hier afin de le répartir dans les différents bureaux de vote.

— Dites-moi, ma petite Ginette…

Ça lui en colle plein l’idéal. Elle remue simultanément le nez, les yeux et le faubourg sud.

— Oui ?

— Lorsqu’on veut appeler un numéro depuis ce bureau, on s’y prend comment ?

Elle sourit avec l’air appliqué d’une petite écolière qui fait la lèche à sa maîtresse.

— On pousse la fiche comme ceci. Un voyant rouge s’allume chez moi… (chez elle ! des ouatères ! ! !) Et je décroche… On me dit le numéro, je le compose, on remet la fiche en place…

— M. Ravioli vous a certainement demandé un numéro hier soir, vers onze heures, un peu avant, même ?

Elle réfléchit.

— Non.

— Oh ! écoutez, mignonne enfant, vous devez vous tromper, réfléchissez bien, car c’est très important.

Elle secoue énergiquement la tête.

— Je vous jure que le patron n’a appelé personne.

V’lan ! Une de mes idées préconçues qui tombe en brioche.

— Mais, ajoute-t-elle, par contre, on l’a appelé, lui !

Je bondis :

— À quelle heure ?

— À celle que vous dites, à peu de chose près.

— Qui l’a demandé ?

— Un homme.

— Son nom ?

— Il n’a pas voulu le dire. Il m’a demandé M. Ravioli en affirmant que c’était très important. Il a même ajouté : « Dites que c’est un ami du Vexin qui veut lui parler… »

— Un ami du Vexin !

— Oui.

Je souris béatement. Ça se précise, ça s’éclaire, que dis-je : ça s’illumine !

— Vous n’avez pas entendu par hasard la communication ?

— C’est impossible.

— Elle a été longue ?

— Oh ! oui, pas loin de dix minutes…

— Merci, mon lapin, vous m’avez apporté un témoignage précieux.

Elle sort. Je refais un petit tour de la situation puis, comprenant que j’ai assez occupé le Raminagrobis, je décide de foutre mon camp et de l’abandonner à mes confrères.

CHAPITRE XIV

Dans lequel j’attache de l’importance

à des choses qui n’en ont peut-être pas !

Retour au bureau. Ma biture est juste à point. Je l’ai brossée comme un peintre brosse une toile. Dans un instant, elle va commencer à se disloquer, comme s’évapore de la buée sur une vitre. C’est le moment d’en profiter.

Rigolier radine en même temps que moi, les gants bien tirés sur ses battoirs, le nœud de cravate provocant, et ses deux dents en or scintillant au soleil.

— J’ai retrouvé le taxi, patron.

— Dix sur dix, bonhomme… Alors ?

— Il a conduit l’homme en question dans un garage de Pereire.

— L’adresse ?…

Rigolier me feinte.

— Du temps que j’y étais, je suis allé à ce garage. C’est là que le nommé Aquoix remise sa voiture…

— Quelle marque ?

— Une Aronde.

— Il s’en est servi dans la soirée ?

— Oui. Aux dires du gardien de nuit, ça lui arrive quelquefois…

— À quelle heure est-il revenu ?

— Il vient de la rentrer…

— Comment ?

— Il vient de la rentrer, répète docilement Rigolier.

Je pige que Serge Aquoix a dû revenir à son domicile avec sa chignole et la laisser dans la rue pour la fin de la nuit.

— Merci.

— Vous n’avez plus besoin de moi ? Je peux aller déjeuner ?

— Va !

Déjeuner ! Comment des gens peuvent-ils avoir faim ? Ça existe encore, l’appétit ?

— Vous souffrez toujours autant ?

— Pas mal, merci.

— Moi j’ai un remède pour les angines : gargarisme avec du vinaigre ! Vous devriez essayer…

— Bonne idée ! Et j’y ajouterais de l’eau de Javel avec un doigt d’acide prussique par mesure de sécurité. Et si ça ne me faisait pas d’effet, eh bien je me gargariserais avec une lampe à souder !

Il rigole parce que je suis son supérieur et qu’un subordonné se doit d’accueillir avec bonheur les pauvretés de ses chefs, mais il s’en va, vexé.

Le bignou joue soudain sa musique fêlée. Mathias, qui m’assiste en ces pénibles instants, décroche.

— C’est Lavoine, fait-il.

— Passe-le-moi !

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