Читаем San-Antonio met le paquet полностью

On est peu de chose, décidément. Vous êtes un grand beau mastard, balancé comme l’Apollon du Réverbère. Vous déchirez un jeu de cinquante-deux brèmes d’une main ; vous accrochez au portemanteau un gnace qu’est ceinture noire de judo avant qu’il ait le temps de dire ouf et, parce que votre température a grimpé de deux degrés, vous voici pantelant comme une vieille chique !

Je croupis dans ma fièvre. La pénombre, le silence, la position horizontale me rebectent. Je ne pionce pas, mais je flotte dans une torpeur confuse martelée par les « flocs » de mon sang battant mes tempes.

Ça fait un minuscule quart d’heure que je suis ainsi lorsque le téléphone retentit encore. Quelle triste invention ! Je vous parie un abcès dentaire contre une nuit d’amour avec Charpini que le bigophone est à l’origine de quatre-vingt-dix pour cent des infarctus du myocarde.

J’attends la troisième lancée pour hasarder ma main fiévreuse sur le combiné.

C’est cette carne d’Aïoli.

— Dis, San-A., j’ai pas pu trouver les photos dans les archives de Quillet. Et il n’y a pas moyen d’appeler chez lui pour savoir ce qu’elles sont devenues, vu qu’il habite un nouvel appartement à Neuilly, et qu’on ne lui a pas encore posé sa ligne…

— Il passera au journal à quelle heure ?

— Il n’y vient pas aujourd’hui, c’est son jour, car il était de permanence samedi.

— Alors, envoie son adresse…

— 34, rue de l’Église…

— Amen ! fais-je.

Revenu à ma solitude temporaire, je me demande si ces photos valent un voyage à Neuilly. Toutes réflexions faites, je décide que oui. Nouveau cachet ordonné par Théo. J’étais peinard dans ce fauteuil Voltaire… Je pourrais bien envoyer quelqu’un à Quillet, mais l’autre bilieux est tellement trouillard qu’il serait chiche de faire des giries. Mieux vaut y aller moi-même tandis qu’on arquepince Aquoix.

Me sentant de plus en plus mal en point et n’ayant pas de chauffeur à ma disposition (c’est l’heure de la tortore), je frète un taxi-auto. Faut bien que tout le monde vive. Je suis pour la coexistence pacifique, moi.

J’ai de la chance dans ma mistouille, car je trouve Quillet at home. Il habite un immeuble neuf très rupinos. Mais son appartement est un vrai chantier. Toutes ses éconocroques, je le devine, il les a cloquées dans le premier versement et maintenant il n’a pas de quoi faire aménager le local. Les peintres ont commencé à badigeonner sa cuistance, mais, découragés par le manque de pions, sont rentrés chez eux. C’est plein de gravats dans le vestibule et dans les pièces.

Lorsque je me pointe, il est en train de morganer deux œufs sur le plat. Il n’est pas rasé et porte un chandail troué.

— Je vous fais entrer dans la cuisine, c’est le seul endroit habitable… Si je vous disais que mon mobilier est au garde-meuble ! Je dors sur un matelas, par terre… C’est tellement décourageant que ma femme est allée chez sa mère en attendant que tout ça soit terminé.

Je me rappelle ce que m’a dit Aïoli concernant l’infortune conjugale de Quillet et je lui dédie une pensée émue. M’est avis que la mère de sa dame doit porter falzar, cravate, quarante-deux fillette et se raser tous les matins.

— Vous avez besoin de quelque chose ?

— Oui, je m’excuse de vous relancer pendant votre journée de repos, il me faudrait les photos de la maison de Magny.

— Quelles photos ?

— Celles qui vous ont été soumises par Poilautour et qui vous ont permis de faire la sélection dont vous m’avez parlé.

— Oh ! oui…

— J’ai demandé à Blagapar si elles étaient au journal, mais il paraît que non.

— Évidemment, déclare Quillet, c’est Barbautour qui les a remportées…

— Vous souvenez-vous du jardin représenté sur ces images ?

— Vaguement…

— Voyons, cher Quillet, un journaliste a la mémoire visuelle.

Il se frotte les tempes avec ses deux index. Ses pauvres œufs au plat se figent dans le plat rond. Comme c’est triste, un mec seul. Ma parole, si je n’avais pas Félicie, je pense que je me prendrais une bergère à domicile, ne serait-ce que pour me soigner mes angines.

— Je crois avoir vu des tables de choux ou de poireaux, fait-il… Mais encore une fois je ne suis sûr de rien. Vous avez intérêt à aller chercher les images chez Me Barbautour si cela revêt pour vous une quelconque importance.

— En effet. Merci du tuyau, mon cher. Et excusez-moi de vous faire manger froid…

— Vous prenez un drink, j’ai du scotch !

— Une autre fois !

Quand son living-room sera terminé. Un scotch sur l’évier, ça manque d’intimité.

Je me taille. Mon chauffeur de taxi m’attend derrière son volant en lisant Good Miché, roman traduit de l’anglais par le révérend Mac Hagnott.

— Où ? demande-t-il.

Cette fois, les potes, je suis lavé. Je ne me sens pas le courage de rendre visite au gros Poilautour pour lui réclamer les photos. D’ailleurs, ont-elles de l’importance ?

— On retourne chez Poulman !

Il démarre. Le temps est splendide. En passant à proximité du Bois, je songe que l’idéal serait d’être en bon état et d’aller becqueter le rouge Badinguet d’une beauté sous les frondaisons.

Enfin, ce sera pour plus tard.

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