Читаем San-Antonio met le paquet полностью

— C’est un secret tellement intime, soupire-t-il. Oui, j’ai connu Germaine Planqueblé au début de son premier mariage. Elle est devenue ma maîtresse. Quelque temps plus tard, elle s’est trouvée enceinte. Elle avait la preuve que l’enfant était de moi, car son époux était stérile… Elle a failli divorcer. Et puis nous avons été lâches : son mari avait une situation importante, moi pas. Bref, elle est parvenue à lui faire croire que les docteurs s’étaient trompés, qu’il était bien le père de Thérèse… Je me suis effacé. Je suis parti pour l’Afrique où je suis demeuré jusqu’en 1951. De retour en France, j’ai voulu voir mon enfant. J’ai alors découvert que ma maîtresse de jadis était veuve… Nous pouvions recommencer une seconde vie, elle et moi. Nous nous sommes mariés… Mais le sort pardonne difficilement aux lâches et notre union légitime a été de courte durée !

Il essuie une larme.

— J’ai du moins retrouvé mon enfant. Dans un triste état, puisqu’elle a eu une attaque de polio à l’âge de douze ans. Je m’applique à lui rendre la vie douce, monsieur le commissaire… C’est ma consolation !

La vie douce ! Je pense aux chaussures pour dame élégante aperçues chez les Aquoix. Ma Félicie, avec son immense cœur de mère, ne s’était pas gourée. C’était un jeu. Avec ces pompes qui ne lui servent à rien, Thérèse Planqueblé joue à la personne normale ! La garce de vie, quoi !

— Curieuse histoire que la mienne, n’est-ce pas ? murmure Aquoix.

— Très curieuse, conviens-je.

— Comment avez-vous su ?

Je me monte le col jusqu’aux sourcils.

— Je suis psychologue, vous voyez… J’ai pressenti…

Mais, comme je n’aime pas me cloquer les plumes du paon dans le fignedé pour chiquer au roi de la volière, j’enchaîne :

— Dites-moi où vous étiez cette nuit, entre onze heures et demie et deux heures et demie, et si votre alibi est recta je vous laisse tranquille, monsieur Aquoix !

Il baisse la tête.

— Ma vie privée a-t-elle donc une telle importance ?

— Dans la mesure où elle éclaire votre position vis-à-vis du meurtre de cette nuit, oui.

— Mais pourquoi me suspecter, moi ? Parce que je l’ai eu comme locataire ?

— Les desseins de la police sont comme ceux de la Providence, monsieur Aquoix, ils sont impénétrables.

Il se dresse. Je dois le botter et il a un coup de confiance.

— Nous sommes entre hommes, monsieur le commissaire.

— Indéniablement, fais-je.

— Je vis une existence très sédentaire… Toutes mes journées sont consacrées à ma fille. Je… je me réserve parfois certaines de mes nuits.

— Une maîtresse ?

— Même pas : des filles. N’est-ce pas le plus simple ? Je vais au bois de Boulogne, oui, je l’avoue, ou à Vincennes, pour ces piètres amours. J’emmène une fille dans une boîte de nuit. Nous buvons une bouteille de champagne avant de sacrifier à la chair. J’ai un instant l’illusion de sortir une femme…

Je détourne les yeux.

Qui donc a dit que tous les drames étaient des drames de la solitude ?

— Il va sans dire que si vous aviez besoin de retrouver absolument ma complice de cette nuit, la chose est faisable. D’ailleurs je peux vous citer le nom de l’établissement où je l’ai emmenée boire… C’est le Rayon X, à Saint-Germain-des-Prés, près de la faculté de médecine…

Je note sur mon bloc. Et tout en écrivant, j’ai un œil qui traîne sur les photos de la taule étalée devant moi. Je m’immobilise. La grosse sonnerie d’alarme carillonne à toute vibure dans ma guitoune.

— Ça va, monsieur Aquoix, vous pouvez disposer. Je peux vous assurer que cette affaire n’aura pas de suites pour vous.

Pour bien le lui prouver, je lui tends ma main fiévreuse et aristocratique. Il la presse.

— Merci de votre compréhension, monsieur le commissaire.

Voilà Aquoix simplex parti. J’empoigne la photographie qui m’a chanstiqué l’encéphale : il n’a pas le compas dans l’œil, Quillet. Et il s’est drôlement gouré en me disant que sur les photos le jardinet comportait des légumes. Les clichés me le montrent parfaitement inculte. Il y a un parasol et des chaises à l’endroit où gisait le cadavre de la femme ; et un banc à la Peynet à celui qu’occupait feu Keller.

CHAPITRE XVI

Dans lequel je mérite sinon la Légion d’honneur,

du moins le poireau !

Il fait sa maigre vaisselle. Et, moderne, il met des gants de caoutchouc s’il vous plaît.

— Encore moi, lancé-je.

Il paraît surpris.

— Vous n’avez pas trouvé les photos chez Barbautour ?

— Si fait…

Son regard est interrogateur comme un crocheton à bottines.

— Eh bien alors ?

— Je suis venu vous poser un problème.

— Bigre !

— Votre patron, le célèbre et tout-puissant Simon Persavéça, ne voulait pas que cette affaire transpire, n’est-ce pas ?

— Et il ne veut toujours pas ! affirme Quillet.

— Or nous sommes sur le point d’appréhender l’assassin. Que va-t-il se passer ? Ce type, on ne peut pourtant pas l’incarcérer secrètement et lui couper le cigare clandestinement ? Hein ?

— Ça me semble en effet difficile.

— Je ne vous le fais pas dire !

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