— inutiles pour la vie familiale.
Quant aux couronnes
et aux apotheґoses —
Une seule reґponse:
— d’ou` cela me vient-il?
Nous dormons —
et puis, au travers des dalles de pierre,
L’ho te ceґleste
avec ses quatre peґtales.
O monde, comprends!
Le chantre — dans son sommeil —
Deґcouvre les lois de l’eґtoile
et la formule de la fleur — .
Chaque poe`me — un enfant de l’amour,
Un enfant eґternel, deґmuni de tout.
Un premier-neґ — poseґ pre`s
De l’ornie`re, en plein vent.
L’enfer au cur, l’autel au cur,
— Le paradis et la honte. — Qui
Est le pe`re? Un tzar, peut-e tre?
Peut-e tre un tzar — peut-e tre un voleur.
Il nous faut courageusement l’avouer, Lyre!
Nous avions du gou t pour les grands de ce monde:
Pour les ma tures et les drapeaux, les eґglises, les tzars,
Les bardes, les heґros, les aigles et les vieillards,
Quand on jure fideґliteґ aux royaumes,
On ne confie pas le Pavillon a` tous les vents.
Tu connais le tzar — reste a` distance du piqueur!
La fideґliteґ nous tenait comme un grappin:
Fideґliteґ a` la grandeur — a` la faute — au malheur,
Fideґliteґ a` la grande faute de la couronne!
Quand on jure fideґlite au — Khan,
On ne jure pas obeґissance a` la horde.
En ce sie`cle, nous n’avons trouveґ que du vent, Lyre!
Le vent a mis en lambeaux les tuniques, et
Le dernier chiffon flotte sur le Pavillon...
De nouvelles foules, pour de nouveaux drapeaux!
Nous, nous resterons fide`les a` nos serments,
Car ce sont de mauvais chefs, les vents.
Si l’a me est neґe avec des ailes
Que lui importe les palais et les masures!
Que lui importe Gengis-Khan ou la horde!
J’ai deux ennemis, ici-bas,
Deux jumeaux — inseґparables:
La faim des affameґs — et la richesse des riches.
Je ne te ge ne pas, je ne te donne
Pas un poison de femme.
Je te donne ma main fide`le —
La droite, celle qui eґcrit.
Celle avec laquelle je beґnis,
Pour la nuit — ma fille cheґrie.
Celle avec laquelle j’eґcris
Ce que Dieu me commande.
La gauche — est impertinente,
Maligne, astucieuse; tiens,
Je te donne ma main — ma main
Droite, celle qui est juste.
Pour toi, je noie dans un verre
Une poigneґe de cheveux bru leґs.
Tu ne mangeras plus, tu ne chanteras plus,
Ne boiras plus, ne dormiras plus.
Pour que ta jeunesse — soit sans joie,
Pour que ton sucre — soit sans douceur,
Pour que la nuit c a ne marche pas, dans le noir,
Avec ta jeune eґpouse.
Comme l’or de mes cheveux est
Devenu cendre grise, les anneґes
De ta jeunesse deviendront
Blanches comme l’hiver.
Tu seras aveugle, — sourd,
Tu te desseґcheras, — comme la mousse,
Tu expireras, — comme un soupir.
Tzar, Dieu! Pardonnez aux faibles —
Aux petits, — aux naїfs, — aux peґcheurs, — aux
extravagants,
Entraneґs dans l’horrible tourmente,
Seґduits, trompeґs, —
Tzar, Dieu! Dans l’atroce supplice,
Ne tuez pas Stenka Razine!
Tzar! Dieu te le rendra! Nous avons
Eu assez de cris d’orphelins! Assez
De morts! — Fils de tzar,
Pardonne au Brigand!
Vers la maison paternelle — les chemins sont divers!
Gra ce pour Stenka Razine!
Razine! Razine! Ton histoire est termineґe!
L’animal rouge mateґ, attacheґ.
Ses dents horribles briseґes.
Mais pour sa vie, sa sombre vie
Et pour sa bravoure absurde,
Libeґrez Stenka Razine!
Patrie! Source et embouchure!
Et quelle joie! De nouveau c a sent la Russie!
Etincelez, yeux ternis!
Reґjouis-toi, cur russe!
Tzar, Dieu! C’est la fe te:
Libeґrez Stenka Razine!
Je n’ai plus besoin de toi,
Mon cher, — non parce que
Tu n’as pas eґcrit aussito t,
Non parce que tu vas
Deґchiffrer en riant
Ces lignes eґcrites avec tristesse,
(Ecrites par moi, seule —
A toi, seul! — Pour la premie`re fois! —
Tu les devineras, sans e tre seul.)
Non parce que des boucles
Fro leront ta joue — je sais,
Moi aussi, lire a` deux! —
Non parce qu’ensemble —
Sur des majuscules incertaines —
Vous allez vous pencher et soupirer.
Non parce que, bien ensemble,
Soudain, vos paupie`res se fermeront —
Mon eґcriture est difficile, —
Et, en plus des vers!
Non, cher ami, — c’est plus simple,
C’est plus fort qu’un deґpit:
Je n’ai plus besoin de toi —
Parce que, parce que
Je n’ai plus besoin de toi!
Non, personne ne le saura —
Ne pourra et ne voudra le savoir! —
Combien, dans l’insomnie, ma conscience passionneґe
Use ma jeune vie!
Elle m’eґtouffe sous l’oreiller, elle sonne le tocsin,
Elle murmure toujours le me me mot…
— Elle transforme en cet enfer trois fois damneґ
Un petit, un idiot peґcheґ veґniel.
Une eґtoile au-dessus du berceau — et une eґtoile
Au-dessus du cercueil! Et, au milieu —
Comme un tas de neige bleue — une longue vie. —
Bien que je sois ta me`re,
Je n’ai plus rien a` te dire,
Mon eґtoile.
Je confie ce livre au vent
Et aux cygnes qui passent.
Pour crier plus fort que la seґparation —
Il y a peu, j’ai briseґ ma voix.
Ce livre, comme une bouteille a` la mer,
Je le jette dans le tourbillon des guerres;
Afin qu’il voyage, simplement, de la main
A la main, comme un cierge dans une fe te.
Vent, vent, mon fide`le teґmoin,
Va dire a` ceux que j’aime
Que chaque nuit, dans mes re ves,
Je fais le chemin — du Nord au Sud.
Il s’approchera sans bruit, furtivement —
Comme minuit dans une fore t impeґneґtrable.
Je sais: dans un vaste tablier,