Читаем Если душа родилась крылатой полностью

Un glac on sur la langue — ton nom,


Un seul mouvement des le`vres,


Ton nom — quatre lettres.


Un petit ballon, saisi au vol,


Un grelot d’argent dans la bouche.


Il jaillit dans un sanglot, ton nom,


Et d’une pierre jeteґe dans un eґtang.


Il brille, il gronde, la nuit, ton nom


Dans un leґger cliquetis de sabots.


Et le claquement sonore du fusil


Le soulignera sur notre tempe.


Ton nom — Ah, l’impossible! —


Un baiser sur les уeux, ton nom,


Sur le gel tendre des paupie`res immobiles.


Ton nom — un baiser sur la neige,


Une glaciale gorgeґe bleue — a` la source...


Avec ton nom, le sommeil est profond.




2

Tendre fanto me,


Chevalier sans reproches,


Qui t’a appeleґ


Dans ma jeune vie?


Dans la brume bleue,


Debout, en chasuble


De neige.


Ce n’est pas le vent, qui


Me poursuit a` travers la ville,


Cela fait trois soirs, deґja`,


Que je sens l’ennemi.


Il m’a envou teґe,


Le chantre de neige


Aux yeux bleus.


Et le cygne de neige eґtend


Ses ailes sous mes pieds.


Les plumes s’eґtalent et


S’alte`rent sur la neige.


J’avance sur les plumes,


Ainsi, vers la porte,


Et, au-dela`, la mort.


Par les fene tres bleues,


Il chante pour moi,


Il chante pour moi,


De ses lointains grelots.


Et son appel:


Un long cri, puis


La voix du cygne.


Tendre fanto me!


Je sais, je vois tout en re ves.


Fais-moi cette gra ce: amen,


Amen, tombe en poussie`re!


Amen.




3

Tu passes a` l’ouest du soleil,


Tu vois la lumie`re du soir,


Tu passes a` l’ouest du soleil,


Et la neige en rafale couvre tes pas.


Devant mes fene tres, indiffeґrent —


Tu passeras, dans le silence et la neige,


Mon homme de Dieu, juste et magnifique,


Douce lumie`re de mon a me.


Je ne convoite pas ton a me!


Ton chemin reste a` l’eґcart.


Et je n’enfoncerai pas mon clou


Dans ta main, pa le de baisers.


Je ne t’appelerai pas par ton nom,


Je ne te tendrai pas les bras,


Je m’inclinerai, de loin,


Devant la Sainte face de cire


Et sous la neige lente, dans la neige,


Je me mettrai a` genoux, et,


En ton nom sacreґ,


J’embrasserai la neige du soir.


La`, ou`, majestueusement,


Tu es passeґ, dans un silence de mort,


Douce lumie`re, — gloire des saints —


Dans la possession de mon a me.




4

Pour l’animal — sa tanie`re,


Pour le voyageur — son chemin,


Pour le mort — son corbillard,


Pour chacun — son du .


Aux femmes — la ruse,


Au tzar — l’eґtat,


A moi — la glorification


De ton nom.




5

Chez moi a` Moscou — brillent les coupoles,


Chez moi a` Moscou — les cloches sonnent,


Et les seґpultures, chez moi, sont aligneґes, —


Y dorment les tzarines et les tzars.


Tu ne sais pas, toi, qu’a` l’aube, au Kremlin,


On respire plus a` l’aise — que partout ailleurs!


Tu ne sais pas, toi, qu’a` l’aube, au Kremlin,


Et jusqu’a` l’aube, je te prie comme un dieu.


Et tu passes au-dessus de la Neva,


Au moment ou`, au-dessus de la Moscova,


Je me tiens te te baisseґe,


Et les reґverbe`res tombent de sommeil.


De toute mon insomnie je t’aime,


De toute mon insomnie je t’eґcoute —


Lorsque partout dans le Kremlin


S’eґveillent les carillonneurs.


Mais mon fleuve — avec ton fleuve,


Mais ma main — avec ta main


Ne se rencontrent pas, o ma Joie,


Tant que l’aube n’a pas rejoint l’aube nouvelle.




6

On pensait — un homme!


On l’a fait mourir.


Il est mort. A jamais.


— Pleurez sur l’ange mort!


A la fin du jour,


Il chantait la beauteґ du soir.


Trois flammes de cire


Tressaillent, superstitieusement.


Des rayons eґmanaient de lui —


Cordes bru lantes sur la neige.


Et trois cierges de cire — et


Le tout au soleil! Au porteur de lumie`re!


O, regardez — comment les sombres


Paupie`res se sont enfonceґes!


O, regardez — comment


Ses ailes se sont briseґes!


Le reґcitant noir reґcite,


Les gens oisifs fla nent...


— Le chantre mort repose


Et ceґle`bre la reґsurrection.




7

Probablement — derrie`re ce petit bois


Le village, ou` je vivais.


Probablement — l’amour est plus simple,


Il est plus facile, que je ne croyais.


Oheґ! — Les diables, crevez donc!


Il s’est souleveґ, il a leveґ — le fouet —


Et, apre`s l’injure — le coup, cinglant,


Et, de nouveau, les grelots chantent.


Au-dessus des bleґs faiblissants, miseґrables,


La perche se dresse — et apre`s elle une autre perche,


Et le fil de fer haut dans le ciel chante,


Et il chante la mort.




8

Et une nueґe de mouches autour de haridelles indiffeґrentes,


Et le cher andrinople de Kalouga gonfleґ par le vent,


Et le cri des cailles, et le grand ciel, et


Le flot des choches par-dessus le flot des bleґs,


Et les parlotes: les Allemands, — c’est assez mais jusqu’ou`! —


Et la croix tre`s jaune derrie`re le petit bois bleu,


Et la douce chaleur, et un tel eґclat en tout,


Et ton nom, qui sonne comme: Ange.




9

Faible rayon dans les teґne`bres noires de l’enfer —


Ta voix dans le grondement et l’explosion des obus.


Et la`, dans le tonnerre, comme un quelconque


Seґraphin, elle annonce, cette voix sourde,


— On ne sait de quels anciens matins brumeux —


Combien il nous a aimeґs, nous, aveugles et anonymes,


Et le manteau bleu, et le peґcheґ — de perfidie... Et


Combien — plus tendrement — plus fortement encore —


Combien il n’a cesseґ de t’aimer, Russie, disparue


A jamais dans la nuit — pour de tristes histoires!


Et ses doigts glissent — le long de ses tempes —


Ils semblent interroger — d’un geste perdu —:


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