Читаем Les lauriers de flammes (1ère partie) полностью

L'officier, d'ailleurs, sans faire autrement attention à lui ou à la jeune femme, pénétrait dans la chambre et commençait à fouiller meubles et bagages avec si peu de ménagements que Marianne s'indigna.

— N'êtes-vous plus le maître chez vous ? Faites-moi sortir ces gens-là immédiatement si vous ne voulez pas que je me plaigne au gouverneur ! Quant à ce que « ces Messieurs » prétendent faire ici, je ne m'en soucie aucunement.

— Je ne peux pas les en empêcher, hélas. Ils exigent de fouiller cette chambre.

— Mais enfin, pourquoi ? Allez-vous m'expliquer oui ou non ?

Décidément au supplice sous le regard étincelant qui paraissait vouloir lui arracher jusqu'à la peau, Ducroux tourmentait ses manchettes et gardait les yeux obstinément fixés sur les pieds de la jeune femme comme s'il en attendait une réponse. Un ordre brutal de l'officier parut le décider et il leva sur Marianne un regard malheureux :

— Il y a une plainte, fit-il d'une voix à peine audible. On a volé, chez l'une de mes pensionnaires, un joyau de grand prix. Elle exige que tout l'hôtel soit fouillé... et, malheureusement l'une des femmes de chambre a vu Mademoiselle sortir de la chambre de cette dame.

Le cœur de Marianne cessa de battre, tandis qu'un flot de sang montait à ses joues.

— Un joyau de grand prix, dites-vous ?... Mais, chez qui ?

— Chez Mme de Gachet ! On lui a volé un gros diamant taillé en poire... une larme de diamant comme elle dit ! Un bijou de famille... et elle fait un bruit affreux...

Un instant plus tard, naturellement, le diamant était retrouvé au fond du réticule de Marianne et, malgré ses protestations furieuses, la jeune femme, qui avait compris trop tard dans quel piège elle s'était laissée tomber par naïveté pure, était arrachée de sa chambre sans douceur par les deux soldats, solidement encadrée et entraînée hors de l'hôtel au milieu d'un grand rassemblement de foule attirée par le vacarme dont la maison de maître Ducroux venait d'être le théâtre.

Sans aucune précaution préalable, Marianne se vit jetée dans une voiture fermée que l'on était allé chercher en hâte et emportée à grande allure vers cette citadelle qu'elle avait eu tellement envie de visiter l'instant précédent. Elle n'avait pas même eu le temps d'une protestation...

9

GENERAL DE L’OMBRE...

L'antique citadelle podolienne de Khadjibey, renforcée par les Turcs et reprise en main par les Russes, avait sans doute beaucoup gagné en puissance et en consolidation à ces règnes différents, mais certainement pas en confort. Le cachot dans lequel on jeta, sans cérémonie, une Marianne écumante de fureur, était petit et humide, avec des murs sales et une fenêtre à triple barreaux donnant sur un mur gris bordé d'arbres rabougris. Encore la vue même de ces arbres était-elle interdite aux prisonniers, car les vitres de la fenêtre, peintes à la chaux, entretenaient, même en plein soleil, une espèce d'obscurité dans la prison.

Pour tout mobilier, il y avait un lit, ou plutôt une planche garnie de paille, attachée au plancher ainsi que la lourde table et l'escabeau. Une lampe à huile était posée dans une niche, mais cette niche elle-même était grillagée comme si l'on eût craint que les occupants de la cellule n'essayassent d'y mettre le feu.

Quand la porte massive Se fut refermée sur elle, Marianne resta un moment, étourdie, sur la paillasse où ses gardiens l'avaient poussée. Tout avait été tellement vite qu'elle ne savait plus bien où elle en était. Et surtout, surtout, elle ne comprenait rien à ce qui lui était arrivé...

Il y avait cette femme, cette misérable créature qui s'était servie du nom de son père pour parvenir jusqu'à elle, pour l'émouvoir et pour lui arracher de l'argent ! Mais alors, pourquoi cette comédie, dans quel but ? S'approprier une somme d'argent et s'assurer ainsi de ne pas être obligée de la rendre ? C'était, bien sûr, la seule hypothèse valable, car, en dehors de cela, il était impossible de trouver un mobile quelconque à une ruse aussi infernale. Il ne pouvait être question de haine féminine ni de vengeance, puisque cette Mme de Gachet et elle-même s'étaient vues la veille, pour la toute première fois, dans le vestibule de l'hôtel. Et il n'était jusqu'à ce nom que la jeune femme n'avait jamais entendu. Jolival, lui-même, qui croyait avoir déjà rencontré ce démon femelle, était tout à fait incapable de se rappeler les circonstances de leur premier contact et n'était pas parvenu à remettre un nom sur son visage...

Le premier mouvement de stupeur passé, Marianne retrouva intacte la colère qui s'était emparée d'elle quand elle s'était vue arrêtée comme une vulgaire voleuse de grands chemins. La tête bourdonnante et les yeux traversés de lueurs rouges, elle revoyait la mine triomphante de l'officier quand il avait tiré la larme de diamant de son sac, celle, à la fois indignée et navrée de l'hôtelier et l'ébaudissement des autres habitants de l'hôtel, attirés par le scandale, à la vue d'une pierre aussi magnifique.

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