Читаем Les lauriers de flammes (1ère partie) полностью

— Vous ne pouvez rien du tout. Votre contrition est fragile, Madame, et la ruse est chez vous une seconde nature. En rentrant à l'hôtel vous ferez porter la pierre au palais du Gouverneur qui la remettra à votre victime. Ce sera plus sûr...

— Mais je n'en veux pas, protesta Marianne.

— Vous la garderez cependant, c'est un ordre.

Vous la garderez... en souvenir de votre mère, morte sur l'échafaud pour avoir essayé de sauver la Reine. Ne cherchez pas à comprendre : je vous dirai, plus tard... Maintenant, vous allez, vous aussi, regagner votre hôtel où vous prendrez le repos dont vous avez un grand besoin.

— Je ne partirai pas sans mon ami Jolival...

La porte, en s'ouvrant, lui coupa la parole. Jolival parut, les yeux fermés, soutenu par un geôlier, car il paraissait avoir de la peine à marcher. Avec horreur, Marianne vit qu'il portait un pansement autour de la tête et que ce pansement était taché de sang.

— Que lui a-t-on fait ? s'écria-t-elle en se précipitant vers lui.

Mais, comme elle prenait son autre bras pour l'aider et le guider vers un siège, il ouvrit un œil et lui sourit.

— Un coup sur le crâne pour me faire taire... Pas grave, mais je me sens un peu étourdi. J'ai une de ces migraines... Si vous pouviez trouver un verre de cognac, ma chère enfant...

Le duc ouvrit une armoire, creusée dans le mur, jeta un coup d'œil à l'intérieur, en tira une bouteille et un verre qu'il remplit à moitié.

— Il n'y a ici que de la vodka, dit-il. Cela fera peut-être le même effet ?

Jolival prit le verre et considéra, non sans surprise, celui qui l'offrait :

— Eh mais... c'est ce cher monsieur Septimanie. Par quel heureux hasard ?

— Jolival, coupa Marianne, ce Monsieur est le gouverneur en personne... le duc de Richelieu.

— Tiens donc ! Je me disais aussi...

Il s'interrompit pour avaler d'un trait le contenu du verre, pas autrement surpris, d'ailleurs. Puis, poussant un soupir de satisfaction, il rendit le récipient vide, tandis que les couleurs revenaient à sa figure tirée.

— Ce n'est pas si mauvais ! dit-il. Je dirais même que ça se boit comme de l'eau...

Mais, soudain, la silhouette de la comtesse entra dans son champ de vision et Marianne vit ses yeux se rétrécir.

— Cette femme ! gronda-t-il sourdement... Je sais qui elle est maintenant ! Je sais où je l'ai vue pour la dernière fois. Monsieur le Duc, puisque vous êtes le maître ici, sachez que cette femme est une voleuse, un monstre flétri par la main du bourreau. La dernière fois que je l'ai vue, elle se tordait entre les mains de ses valets, tandis que Sanson lui appliquait le fer rouge ! C'était sur les marches du Palais de Justice, à Paris, en 1786 et je peux vous dire...

— Taisez-vous ! coupa durement le cardinal. Personne ici ne vous demande de révélations, encore moins de cogitations fumeuses ! Je suis Gauthier de Chazay, cardinal de San Lorenzo et le parrain de votre pupille. Dieu a permis que je me trouve ici à point nommé pour faire rentrer les choses dans leur cours normal. Tout est en ordre et nous ne souhaitons pas en entendre davantage... Madame, ajouta-t-il en se tournant vers la comtesse que l'entrée de Jolival avait rendue à l'angoisse, vous pouvez rentrer chez vous. Le colonel Ivanoff vous attend. Dans une heure, il recevra ses instructions et il vous reste à préparer vos bagages... mais si vous tenez à jouir paisiblement d'un séjour agréable, veillez à ne plus vous laisser aller à de pareils... enfantillages. On vous donnera de quoi vivre...

— Je vous le promets, Eminence... Pardonnez-moi !...

Avec timidité, elle s'approcha de lui et, pliant le genou avec peine, courba la tête avec un regard implorant. Il traça un rapide signe de croix sur le panache de plumes violettes, puis tendit aux lèvres de la femme une main où l'on ne pouvait apercevoir qu'un large anneau d'or.

En silence, Mme de Gachet se releva et quitta la pièce sans se retourner.

— Elle ne m'a même pas offert la moindre excuse, fit Marianne qui avait suivi des yeux sa sortie. J'estime tout de même que c'eût été naturel après ce que j'ai subi par sa faute.

— Il était inutile de lui en réclamer, répondit le cardinal. Elle est de ces âmes basses qui gardent rancune à leurs victimes des torts qu'elles leur ont causés... et des conséquences qui en découlent.

Le gouverneur quitta enfin l'abri de la table derrière laquelle il avait assisté à la fin de la scène et s'approcha de Marianne :

— C'est donc moi, Madame, qui vous en offrirai. Aussi bien, vous avez souffert aux mains de mes subordonnés. Que puis-je vous offrir en compensation ? Lorsque nous nous sommes rencontrés sur le port, hier au soir, vous sembliez fort désireuse d'approcher le gouverneur. Aviez-vous donc quelque chose à lui demander ?

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